A l'époque, on avait tout compris
On discutait politique et on rêvait d'utopie,
On fumait où bon semblait,
On chantait des chansons à vous couper le souffle,
On sortait ces chanteurs de nulle part,
On faisait de la femme un rêve d'amour,
On faisait d'un arbre, d'un port, ou d'une môme la plus romatique des choses.
L'un chantait l'amour avec ses tripes en nous faisant voguer sur les ports d'Amsterdam, faisant trembler les c½urs, et frissonner les émotions.
L'autre prônait l'amitié avant toute chose, fidèle aux siens, mais surtout à lui même, clopant sa pipe sous une broussaille de moustache, faisant vibrer les rebondissements de ses chansons, faisant le plus bel ôde à la femme non demandé en mariage.
Et l'autre qui divaguait dans ses notes, qui faisaient voguer sur les vagues d'une impression, l'impressionniste de la musique qui révélait le plus tendre émoi caché, qui réveillait la mélancolie enfouie, qui sentait entier la musique sous ses cheveux grisonnants de génie.
Comme ils ont bercé mes nuits, comme ils m'habitent à chaque instant, comme ils illustrent ma vie, et chacun de mes amours, comme ils m'ont fait rêvé et comprendre la vie. Qu'ils m'interpellent, m'entraînent, me murmurent la poésie et m'en font tomber amoureuse, mes oreilles profanes initiés au rituel de la musique par eux sont élevés.
Comme je vois les larmes de mon père à la première note d'un Ferré, comme avec le temps rien ne s'en va, ne s'en vont que les malheurs, car les souvenirs, eux toujours restent.
Comme je revois ce charme doux d'une mélodie face à la mer, doucement chanté, et le souvenir d'un parfait bonheur, dans cette déclaration magique.
Comme je comprends à présent ces paroles, comme je les ai comprises sur le port d'Amsterdam, un soir plein d'ivresse, et qu'alors j'ai cru voir ces marins qui pleurent,
se mouchant dans les étoiles...
Merci pour ce qu'ils ont fait, ce qu'ils font encore,et qu'ils feront encore et aussi longtemps que vivra l'âme de ces hommes à travers le c½ur des amoureux.